Puffin de Méditérranée
Nom scientifique :
Puffinus yelkouan
Ordre : Procellariiformes
Famille : Procellariidés
Nom Français
: Puffin de Méditérranée
Nom Anglais
: Mediterranean shearwater
Nom Espagnol
: Pardela Mediterránea
Nom Italien
: Berta minore
Nom Provençal
: Martèu dóu vèntre-blanc
Statut légal de protection / conservation :
- Directive "Oiseaux" Annexe I
- Convention de Berne Annexe III
- Espèce bénéficiant en France d'une Protection
Nationale
- Liste Rouge Nationale Rare
- Liste Rouge Régionale En Danger
Biométrie :
Longueur : 30 - 35 cm
Envergure : 76 - 82 cm
Poids : 333 - 480 g
Longévité :
Plus de 20 ans
Description :
Le Puffin de Méditerranée également appelé Puffin yelkouan est un oiseau pélagique, de la famille des albatros (Procellariidés).
Son plumage du dessus est brun noirâtre, celui de dessous blanc. Les flancs, le côté du cou et le bord des ailes sont bruns « sales ».
Il possède un bec noir pourvu comme le Puffin cendré de narines tubulaires
Ses pattes palmées et situées très en arrière du corps font de lui un excellent nageur mais le rendent très malhabile à terre.
Son vol est constitué de battements d'ailes rapides entrecoupés de longs planés au ras de l'eau. Très bon voilier, il peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres par jour pour rejoindre un site d'alimentation.
Écologie et habitat :
Le Puffin de Méditerranée est une espèce pélagique qui passe la majeure partie de sa vie en mer.
Il ne revient à terre qu'à la nuit tombée, pour assurer les besoins de la reproduction, d'octobre à fin juillet.
Ils nichent uniquement sur des îles et îlots, dans des fissures de falaises, des terriers ou sous des gros blocs de rochers
Les individus reproducteurs forment généralement des colonies pouvant regrouper plusieurs dizaines de couples.
Les adultes sont fidèles au conjoint ainsi qu'au site de reproduction.
L'oeuf unique est pondu en mars et l'éclosion a lieu fin avril. Le poussin est alors nourrit par ses parents lors de visite nocturne au nid jusqu'à son envol en juillet. Dès lors, le jeune effectuera un périple en mer Méditerranée jusqu'à sa maturité sexuelle, qu'il atteint aux alentours de 4-5 ans.
Après la reproduction, les oiseaux désertent les colonies pour se disperser en mer Méditerranée en août et septembre.
Le régime alimentaire de cette espèce est essentiellement composé de petits crustacés pélagiques, de poissons et de céphalopodes qu'elle peut aller pêcher à plus de 45 m de profondeur.
Distribution géographique :
Endémique de Méditerranée, ce puffin niche de la Provence à la mer Egée et aux côtes bulgares de la mer Noire. Espèce principale du peuplement des îles de la mer Tyrrhénienne le puffin de Méditerranée est rare dans le bassin algéro-provençal oú domine le Puffin cendré.
En France, cette espèce a aujourd'hui disparu de Corse mais continue de se reproduire sur les îles provençales (îles de Marseille et d'Hyères).
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Principales menaces :
En mer, les principales menaces
identifiées sont dues à la pêche palangrière,
aux pollutions chimiques par les hydrocarbures,... mais également
aux variations climatiques du climat engendrant des modifications
de la qualité trophique sur les zones d'hivernage (côtes
atlantiques et d'Afrique du Sud).
En ce qui concerne les sites de reproduction, les menaces les plus
importantes pesant sur les populations de puffins sont la présence
de mammifères introduits (rats, lapins, chats et chiens errants),
la surabondance des Goélands leucophées et les activités
touristiques.
Ainsi, sur les îles de Marseille :
- La prédation exercée par les Rats noirs sur les
ufs et les jeunes poussins de puffins est la première
cause d'échec de la reproduction.
- Les Lapins de Garenne ont également un impact sur le
succès de reproduction des puffins. En creusant leurs terriers,
ils sont à l'origine d'effondrements provoquant la destruction
des sites de nidification et parfois l'enfouissement des ufs
ou des poussins.
- Les chiens errants quant à eux peuvent aussi être
à l'origine de destruction de terriers et de prédation
sur les puffins.
- La population de Goéland leucophée des îles
de Marseille a connue ces dernières décennies une
très importante augmentation de ses effectifs du fait de
l'exploitation des décharges à ciel ouverts de la
région péri-marseillaise. Cette surabondance de
Goélands leucophées perturbe l'ensemble de l'écosystème
insulaire. Elle provoque un déséquilibre écologique
important qui se traduit par le développement d'espèces
nitrophiles favorisant l'augmentation des populations de mammifères
phytophages (rats et lapins).
- Enfin, l'essor des activités de loisirs-nature et de
la plaisance au cours des dernières années a conduit
à une surfréquentation touristique des îles
en période estivale. Celle-ci induit un dérangement
pouvant être considérable en pleine période
de reproduction.
État de conservation de l'espèce :
La présence d'une population de Puffin de Méditerranée sur les îles de Marseille n'a été signalée qu'au début du XXème siècle sur Riou, mais l'installation de l'espèce sur les archipels est probablement bien antérieure.
Entre 1918 et 1954, cette espèce était signalée sur les îles de Riou, Jarre et des Congloués.
Dans les années 1980, cinq à six couples étaient connus sur le Frioul, plusieurs colonies étaient signalées sur Riou et l'espèce avait disparu des Congloués.
Lors de la saison de reproduction 2005, la population de Puffin de Méditerranée des îles de Marseille représentait un minimum de 32 couples nichant essentiellement sur l'île de Riou et répartis au sein de neuf colonies. Seulement un couple subsiste sur l'archipel du Frioul et un sur l'île de Jarre.
De plus, les prospections effectuées ces dernières années sur Maïre et son Tiboulen sont restées négatives et l'espèce a totalement disparu des Congloués.
Les effectifs recensés depuis les années 1990 sur l'île de Riou paraissent stables mais il s'agit quasi exclusivement de colonies installées en zones de falaises.
La population des îles de Marseille, estimée à 32-55 couples, représente environs 12% des effectifs nationaux, eux même estimés à 292-414 couples.
Grands objectifs de conservation et stratégies de gestion
:
L'objectif est d'assurer le maintien et le développement des populations de puffins par la pérennité de leurs sites de reproduction. Il s'avère donc important de poursuivre les actions de gestion (surveillance des colonies, pose de nichoirs pour limiter la concurrence des sites de nidification avec les Puffins cendrés...) et de limitation des perturbations (régulation des densités de Rat noir...), afin d'augmenter le succès de reproduction, et de développer les opérations de dynamisation des colonies.