Puffin cendré
Nom scientifique :
Calonectris diomedea diomedea
Ordre : Procellariiformes
Famille : Procellariidés
Nom Français
: Puffin cendré
Nom Anglais
: Cory's Shearwater
Nom Espagnol
: Pardela Cenicienta
Nom Italien
: Berta maggiore
Nom Provençal
: Gafeto-de-mar à bè-croucu
Statut légal de protection / conservation :
- Directive "Oiseaux" Annexe I
- Convention de Berne Annexe II
- Espèce bénéficiant en France d'une Protection
Nationale
- Liste Rouge Nationale Rare
- Liste Rouge Régionale A Surveiller
Biométrie :
Longueur : 45 - 56 cm
Envergure : 100 - 125 cm
Poids : entre 550-1000 g
Longévité :
Plus de 30 ans
Description :
Le
Puffin cendré est le plus grand oiseau pélagique,
de la famille des Procellariidés, nicheurs d'Europe.
Son plumage du dessus est brun à gris brun, celui de dessous
blanchâtre, le cou et la tête sont gris.
Il possède un grand bec jaune rosé, clair à
sa base, sombre à son extrémité et pourvu de
narines tubulaires.
Selon la vitesse du vent, il plane longuement au ras de l'eau en
se balançant ou bat lentement de ses ailes. Pour se déplacer,
il utilise la vitesse du vent de surface.
Très bon voilier, il peut parcourir plusieurs centaines de
kilomètres par jour pour rejoindre un site d'alimentation.
Écologie et habitat :
Le Puffin cendré est une espèce pélagique
qui passe la majeure partie de sa vie en mer.
Il ne revient à terre que la nuit, pour les besoins de la
reproduction, de fin février à mi-octobre.
Ils nichent uniquement sur des îles et îlots, dans des
fissures de falaises, des terriers ou sous des gros blocs de rochers
Les individus reproducteurs forment généralement des
colonies pouvant regrouper plusieurs dizaines de couples.
Les
adultes sont fidèles au conjoint ainsi qu'au site de reproduction.
L'uf unique est pondu fin mai et l'éclosion a lieu
début juillet. Le poussin est alors nourrit par ses parents
pendant 3 mois lors de visite nocturne au nid. Enfin, le jeune prend
son envol en octobre pour un périple en mer jusqu'à
sa maturité sexuelle, qu'il atteint aux alentours de 6-9
ans.
A
la fin de l'automne, après la reproduction, les oiseaux désertent
les colonies et la Méditerranée pour migrer vers les
côtes atlantiques, au large de l'Afrique australe.
Le régime alimentaire du Puffin cendré est essentiellement
composé de petites espèces de crustacés pélagiques,
de poissons et de céphalopodes pêchés à
une profondeur d'environs 4 à 5 mètres.
Distribution géographique :
L'aire de répartition du Puffin cendré en Méditerranée
s'étant des îlots de Grèce aux îles Chaffarines
(Espagne). Les trois-quarts des effectifs sont concentrés
dans le canal de Sicile.
En France, le millier de couples reproducteurs de Puffin cendré
recensé occupe 25 sites, dont plus de la moitié se
localise en Corse. Les principales colonies françaises sont
les îles Cerbicales et Lavezzi, en Corse ; et les archipels
d'Hyères, du Frioul et de Riou, en Provence.
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Principales menaces :
En mer, les principales menaces
identifiées sont dues à la pêche palangrière,
aux pollutions chimiques par les hydrocarbures,... mais également
aux variations climatiques du climat engendrant des modifications
de la qualité trophique sur les zones d'hivernage (côtes
atlantiques et d'Afrique du Sud).
En ce qui concerne les sites de reproduction, les menaces les plus
importantes pesant sur les populations de puffins sont la présence
de mammifères introduits (rats, lapins, chats et chiens errants),
la surabondance des Goélands leucophées et les activités
touristiques.
Ainsi, sur les îles de Marseille :
- La prédation exercée par les Rats noirs sur les
ufs et les jeunes poussins de puffins est la première
cause d'échec de la reproduction.
- Les Lapins de Garenne ont également un impact sur le
succès de reproduction des puffins. En creusant leurs terriers,
ils sont à l'origine d'effondrements provoquant la destruction
des sites de nidification et parfois l'enfouissement des ufs
ou des poussins.
- Les chiens errants quant à eux peuvent aussi être
à l'origine de destruction de terriers et de prédation
sur les puffins.
- La population de Goéland leucophée des îles
de Marseille a connue ces dernières décennies une
très importante augmentation de ses effectifs du fait de
l'exploitation des décharges à ciel ouverts de la
région péri-marseillaise. Cette surabondance de
Goélands leucophées perturbe l'ensemble de l'écosystème
insulaire. Elle provoque un déséquilibre écologique
important qui se traduit par le développement d'espèces
nitrophiles favorisant l'augmentation des populations de mammifères
phytophages (rats et lapins).
- Enfin, l'essor des activités de loisirs-nature et de
la plaisance au cours des dernières années a conduit
à une surfréquentation touristique des îles
en période estivale. Celle-ci induit un dérangement
pouvant être considérable en pleine période
de reproduction.
État de conservation de l'espèce :
La population française de Puffin cendré représente
moins de 10 % de l'effectif nicheur européen, et prés
de 2 % de la population méditerranéenne. Elle compte
environ 1300 couples reproducteurs, distribués entre la Corse
et la région PACA.
En Corse, les effectifs sont estimés à 594-713 couples
et représentent ainsi plus de 50 % des effectifs nationaux.
Le reste de la population française de Puffin cendré
se cantonne à la région PACA où les effectifs
sont d'environs 180-255 couples sur les îles d'Hyères
(Var) et 295 à 355 couples sur les îles de Marseille
(Bouches-du-Rhône).
Sur les archipels marseillais, la population de Puffin cendré
fait l'objet de suivis depuis 1979 pour le Frioul et depuis 1994
pour l'archipel de Riou. Ces suivis révèlent que les
effectifs reproducteurs actuels s'avèrent légèrement
plus important que ceux mentionnés dans la littérature.
Cette tendance étant probablement due à l'accroissement
des efforts de prospections. Cette population se répartie
sur 58 colonies d'effectifs variables, (20 sur les îles du
Frioul et 38 sur l'archipel de Riou). L'essentiel des effectifs
est distribué sur les îles de Riou et de Pomègues
mais la quasi-totalité des îles et îlots des
deux archipels abritent des colonies.
Sur l'archipel du Frioul, la population de puffin a connue une
chute importante de son succès de reproduction entre 1984
et 1993 et, à partir de 1996 celui-ci est descendu en dessous
du seuil de 0,5 jeunes par couple, en deçà duquel
une population ne peut se maintenir sans immigration.
Les résultats obtenus lors des suivis du succès de
reproduction réalisés sur l'ensemble des colonies
des îles de Marseille montrent que les populations des îles
et îlots dépourvus de mammifères introduits
ont un succès de reproduction bien supérieur à
celles où les populations de rats et de lapins sont bien
établies.
Ces importantes variations du succès de reproduction mettent
en évidence l'extrême sensibilité des puffins
face aux différentes sources de perturbations.
Le classement de l'archipel de Riou en Réserve Naturelle
ainsi que la gestion de l'espace naturel des îles du Frioul
permettent de limiter, par le biais de la réglementation
en vigueur sur ces sites, les perturbations d'origine humaine liées
à la fréquentation.
De
plus, les actions conservatoires, menées depuis plusieurs
années et poursuivies à grande échelle dans
le cadre du Programme LIFE " Conservation
des populations d'oiseaux marins des îles de Marseille ",
favorisent la dynamique de reproduction des puffins sur les deux
archipels. En effet, suite à ces mesures de conservation,
le succès de reproduction des Puffins cendrés des
îles de Marseille est en nette augmentation et atteint à
l'heure actuelle des taux très satisfaisants (prés
de 0,85 jeunes par couple en moyenne pour l'ensemble des colonies
marseillaises).
Grands objectifs de conservation et stratégies de gestion
:
L'objectif est d'assurer le maintien et le développement
des populations de puffins par la pérennité de leurs
sites de reproduction. Il s'avère donc important de poursuivre
les actions de gestion et
de limitation des perturbations, afin d'augmenter le succès
de reproduction, et de développer les opérations de
dynamisation des colonies.